Festival Thématique spécial com de crise :
Mais que nous disent les chinois de la crise ?

Le 11 juin 2026 : par François Pinochet, secrétaire général des Stratèges et par ailleurs passionné d’arbres, de nature et de Bonsaïs.

La soirée des Stratèges du 11 juin dernier avait pour ambition de dresser un panorama des bonnes pratiques en matière de communication de crise.

Le mot crise est dans tous les esprits depuis quelques décennies. Il entretient l’anxiété générale que ce soit dans le secteur économique comme dans toute la société. Alors avant d’entrer dans le sujet, j’ai souhaité partagé un instant de « poésie » inspiré de la culture chinoise. Nous ne sommes pas à un paradoxe près quand on sait combien la Chine est en partie la cause de la crise que vit l’occident.

 

En chinois, le mot crise associe en un même concept l’idée de menace et d’opportunité représenté par 2 signes (Kanjis) superposés :

Le premier signe (celui du haut) représente un homme au bord d’une falaise. Il a déjà un pied dans le vide comme s’il était attiré par le danger qui le guette. La tentation est là de continuer sans rien changer. Il a encore le choix d’avancer ou de reculer. J’ai toujours en tête ce trait d’humour énoncé avec grandiloquence de Pierre Daninos « Le pays était au bord du précipice, je lui ai fait faire un grand pas en avant ! »

Le deuxième signe (en dessous) est composé à partir du signe de l’arbre que l’on retrouve souvent dans la culture asiatique, notamment japonaise. Il figure la verticalité de l’arbre avec les branches les plus anciennes qui ploient sous le poids de l’expérience et rejoignent la terre d’origine tandis que les jeunes branches gorgées de sève fraiche pointent résolument vers l’horizon et des lendemains radieux. On remarquera à droite de l’arbre un autre signe surdimensionné comparé à la réalité qu’il représente. Il s’agit d’une graine et l’espèce de virgule qui s’en échappe n’est autre que le germe de cette même graine qui symbolise l’opportunité de recréer quelque chose de nouveau. Le même signe se traduit aussi parfois par oser : Oser saisir les opportunités…

Poursuivons l’analyse des kanjis et on remarquera que tout au long de ce que nous appelons les bonnes pratiques en matière de crise, le signe de l’arbre, qui représente la nature, est présent. Nous ferions bien de façon plus générale de nous inspirer de la nature !

1ère étape : Anticiper

Le kanji japonais qui signifie signal faible est construit à partir du signe de l’arbre au-dessus duquel un petit trait au pinceau a été ajouté. Il symbolise la 1ère fleur de l’amandier, arbre qui fleurit alors que l’hiver n’est pas encore achevé. Il annonce le printemps. On ne sait pas de quoi sera faite la saison qui arrive, si les conditions de l’environnement seront favorables ou pas, mais une chose est sûre : le printemps ne tardera plus. Il nous reste 1 à 2 mois pour se préparer, pour anticiper. Savoir détecter les signaux faibles, ne pas repousser à plus tard les préparatifs car quand le printemps survient c’est l’explosion de la nature et telle une crise, le jardinier peut facilement être débordé et ne plus rien contrôler …

2ème étape : Observer avant d’agir

Nous retrouvons le signe de l’arbre et il est cette fois accompagné de 2 autres kanjis : à droite le signe qui représente le regard et dessous, 3 petits signes qui, ensemble, symbolisent l’intelligence. Comment comprendre cette association ? Lorsque l’on observe la nature, comprenez son environnement, l’esprit s’éveille et l’on devient plus clairvoyant. On retiendra dans le cas des crises que nous vivons, qu’il faut prendre un temps pour comprendre ce qui est en train de se produire, les bouleversements qui s’opèrent avant de réagir. L’action inspirée par l’observation est préférable à la réaction sous le coup des émotions.

3ème étape : S’adapter au nouvel environnement

L’arbre est cette fois surmonté d’un signe qui représente un petit homme perché à la cime qui cherche son équilibre balloté par le vent qui fait balancer l’arbre tantôt d’un côté tantôt de l’autre. La crise est passée mais les nouveaux équilibres restent à établir. C’est alors que l’on peut faire d’une menace, une opportunité.

 

Conclusion inspirante : … et si vous avez bien travaillé, bien géré la crise, vous pouvez prendre du repos en attendant la crise suivante. Le kanji qui signifie vacances (même si la notion de congés est typiquement occidentale voire franco-française) reprend lui aussi le signe de l’arbre. Ce dernier est précédé par un signe qui figure l’homme. Comprenons que pour se ressourcer, l’homme doit retourner vers la nature (vers les arbres), source d’inspiration infinie au sens propre comme au sens figuré !

 

 Retrouvez d’autres parallèles édifiants entre l’entreprise et la nature dans l’ouvrage « L’ENTREPRISE VEGETALE, le management à l’école du bonsaï » aux éditions L’Arbre de Mai.  Et si le biologique devenait le modèle ?  Quand les communicants parlent encore cibles, conquête, territoire de marque, campagnes et crises, la biologie nous rappelle que le modèle du vivant est davantage coopératif que compétitif. Déjà certains signaux faibles ne trompent pas quand il s’agit « d’incuber de jeunes pousses dans des pépinières d’entreprises ! »  (Si vous êtes intéressés par la lecture de mon livre, il m’en reste quelques uns en stock – n’hésitez pas à me demander, je me ferai un plaisir de vous le dédicacer)  François Pinochet